11.04.2011
Les homos populaires
A un an de la prochaine élection présidentielle, chaque camp affûte ses idées et sa stratégie électorale pour réveiller une France avec des lendemains qui chantent. Si côté socialistes, les mêmes idées reviennent (logique quand on a perdu trois fois de suite l’élection suprême), côté majorité actuelle, la stigmatisation et le retour aux fondamentaux identitaires semblent être sortis du placard. Mariage homo chez Martine et Dominique contre mise en avant des gens «normaux» chez Nicolas et Jean-François.
C’est dans ce climat de deux camps clairement opposés que le gouvernement et quelques élus «populaires» ont lancé la première offensive pour redonner ses lettres de noblesse à la France en s’adressant directement aux vrais gens. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on peut compter sur eux. Une inconnue de première classe, secrétaire d’Etat à la Santé pour faire bien sur le CV, à dégainer l’arme lourde en plein Sidaction en expliquant que l’homosexualité était un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don du sang. Si sur le question du don, la connerie prévaut sur l’homophobie latente, il n’en est pas de même sur la question du sida. Je savais quelques ministres «placés» grâce à la république des copains mais je pensais naïvement que la maîtrise d’une question, aussi cruciale que celle du VIH quand on s’occupe de la santé, ne pouvait justifier une idiotie de la sorte. Cette chère Mme Berra (puisque c’est son nom) n’a-t-elle lu aucune étude sur les «comportements à risque» ? Ne sait-elle pas qu’on ne stigmatise pas une population pour expliquer un fait scientifique ? Si côté homos, on ferait bien aussi de regarder les comportements risqués, côté politique «l’intelligence du texte» devrait être au programme. Depuis les regrets ont été effectués par cette charmante dame qui maîtrise mieux son cumul de mandats que les réalités quotidiennes auxquelles elle devrait être confrontée. Regrets décalés... et tardifs.
Second scud UMP grâce à une inconnue élevée au lectures outrageantes de Christian Vanneste et Christine Boutin. Dans une petite ville du côté de Grenoble nommée Fontaine, il ne fait pas bon être différent des gens «normaux»... sous entendu, ne pas être arabe, pédé, pacsé ou sans-papiers. C’est grâce à cette définition de la normalité qu’Evelyne de Caro (osons dire son nom pour pouvoir lui répondre) a lancé une polémique en voulant publier une tribune à très fortes connotations racistes et homophobes dans le bulletin municipal. Car cette dame, comme la France entière semble-t-elle penser, se demande bien ce que la gauche peut proposer quand on est normal. Ravissant dérapage, non condamné évidemment par les institutions nationales, pour s’adjuger les voix manquantes au scrutin tant attendu. Depuis, comme pour Mme Berra, les regrets sont arrivés... en remplaçant le mot «normal» par «ordinaire, comme tout le monde, dans la masse». Elle aurait dû s’arrêter dès le début pour ne pas plonger tête baissée dans un drame linguistique qui lui vaudra une place de choix à côté des durs de son camp.
Roms, musulmans... fini, terminé, enterré comme débat. Aurait-on choisi dans un camp de pointer du doigt maintenant les homos pour mieux se faire mousser face à un Front National qui se dit aujourd’hui «pas défavorable au Pacs» et «prêt à lutter contre l’homophobie» ?
Depuis bientôt 17 ans, la même rengaine, le même refrain... maintenant les règles sont posées et connues de tous. Changer ou continuer. L’ouvrir ou bien se taire. Écrire une bonne humeur ou bien rédiger des coups de gueule. Ils seront toujours là, les homophobes, les habitués du dérapage verbal, les faiseurs de la surenchère électorale... mais alors loin, très loin de nous si possible. Et très loin de toute écharpe tricolore honorant les valeurs d’une République bafouée par autant d’absurdités.
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04.04.2011
Lettre à mon ami, Jean-François Copé sur la laïcité
Cher Jean-François,
Le 5 avril, vous nous promettez le changement, comme un vent de liberté au-dessus de nos têtes, un rassemblement d'espoir et de tolérance afin que chacun trouve sa place (et celle de sa religion) au sein d'une France métissée.
Vous vous êtes permis d'adresser "une lettre à votre ami musulman" pour lui expliquer les raisons de vos propos et de votre sauterie, permettez-moi d'en faire de même envers vous... dans une lettre à un ami politique.
Ce débat sur la laïcité, vous le souhaitez de toute votre âme, car il serait obligatoire pour le bien-être de la nation de savoir qui peut vivre sa religion et surtout comment la vivre. Osons commencer par se dire les choses en toute liberté de ton : votre "laïcité" n'est qu'un mot pour en cacher un autre, un prétexte pour tous ceux qui pensent que leur racisme s'en trouvera moins visible, que leur haine de l'autre s'en trouvera arrangée, que leur peur de la différence s'en trouvera plus respectée. La Laïcité dans votre bouche n'est qu'un synonyme de la politique de "destruction identitaire" que votre parti, le Président de la République et le Gouvernement savez si bien mettre en oeuvre.
Chez moi, cher Jean-François, dans mon pays, on ne dit pas à son voisin comment s'habiller et quoi manger. Chez moi, qui est aussi je l'espère chez vous, on ne pointe pas du doigt pour dénoncer, on ne stigmatise pas pour faire monter la tension contre un camp. Chez moi, on se respecte, on s'écoute et on tente d'avancer ensemble.
Vous parlez du grand père d'un ami musulman mort à Verdun. C'est bien beau de vouloir appeler l'Histoire comme témoin d'un débat que vous avez voulu créer, mais intéressons nous plutôt au présent. Vous parlez de niquab, de prières dans les rues, de mosquées dans les caves... vous admettez donc que votre grand débat sur la laïcité n'est qu'un débat sur l'islam que vous voulez en France. Je pensais que le couac de votre précédent sur l'identité nationale avait fini par vous calmer. Je me suis trompé.
Vous citez donc une minorité dans sa façon de vivre une religion (minorité que nous condamnons aussi) pour en faire un grand débat qui n'a d'autres buts que de ravir votre frange extrême et les électeurs qui ont déserté vos permanences pour s'abstenir ou voter Marine Le Pen. Faisons de même alors et organisons un débat sur l'identité de l'UMP car les dérives homophobes, racistes et machistes sont entendues dans vos rangs. Elles trahissent donc votre code républicain comme vos amis musulmans le feraient avec votre code laïque.
Jean-François, soyons sérieux. La Loi de 1905 répond déjà à votre débat. Vos électeurs perdus se moquent de vos prétentions politiques car ils ne reviendront pas, car ils sont déçus. Nous, on savait à quoi s'attendre avec votre candidat au pouvoir. Eux rêvaient encore.
Jean-François, vous invoquez la Fraternité pour finir votre lettre. La Fraternité au milieu de la Liberté pour expliquer un débat sur un sujet, justement déjà fait et encadré par une loi vieille d'un siècle. Il nous manque un mot à tout cela : l'Egalité. L'égalité que chaque citoyen a, l'égalité que nous devons garder face à la République, l'égalité qui nous fait être riche de nos différences.
Arrêtez de polémiquer Jean-François et revenez à la base de notre engagement politique à tous : répondre aux véritables questions que se posent nos concitoyens... et laissons de côté ce qui pourraient encore vous faire perdre des voix. Et je vous le dis en toute amitié.
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29.03.2011
Pourquoi ce blog ?
Question cruciale que tout bon lecteur doit se poser en arrivant ici, par choix ou par inadvertance : pourquoi un blog ? Oui, chers ami(e)s, un de plus dans une sphère déjà surchargée de chroniques sur les crèmes de jours, blockbusters américains, trouvailles littéraires, accros du shopping, sex toys et autres sujets traités pour le plus grand bonheur de tous.
Passion de la presse ? C'est un premier élément de réponse. Passion d'une lecture rapide d'un moment pris au vol dans une actualité changeante, passion d'un "oh" ou d'un "ah" poussé sans le vouloir après avoir été happé par une ligne, passion tout court de l'écriture.
Expérience de l'humeur ? Sans entrer dans une humeur propre à la vie privée, il y a aussi ce sentiment étrange lorsqu'une chronique est envoyée au journal, qu'elle ne m'appartient plus, qu'elle sera lue puis mise dans un coin. Prétention donc de vouloir prolonger un peu cet instant via le net. Et de s'ouvrir à un autre univers de lecture.
Liberté de ton ? Evidemment, il n'y a plus les chaînes qui pouvaient entraver ma conscience, mon envie de rire ou de gueuler, mon obligations d'être dans le bien-pensant. N'appartenir à personne, ne rendre de compte à personne. Liberté de raconter, de déchiqueter, de dénoncer et de braver des interdits.
C'est finalement bien plus simple que cela. Juste une envie, un sentiment de besoin. Des lignes posées pour voir un monde différemment. D'autres yeux pour un autre choix de presse. L'envie simple d'écrire en toutes libertés.
Bienvenue donc sur ce blog... et n'hésitez pas à participer et à découvrir mes humeurs.
20:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humeur, nlog, chronique, bienvenue, nouveau, presse, net


